L’utilisation des plots pour l’entraînement du gardien de but

Lorsqu’on a peu de matériel en séance, on a au moins… des plots ! Et on peut s’en servir pour travailler de nombreuses choses. Cet article a pour but de présenter plusieurs façons de travailler avec des plots.

« Au signal, tu vas contourner/toucher le plot et tu reviens pour arrêter le ballon qui arrive à l’opposé. » « Avance jusqu’au plot. » …

Ce sont souvent des consignes données aux gardiens de but lors de l’entraînement, qu’il s’agisse d’un entraînement spécifique ou général. Pourquoi utilise-t-on des plots ? Pourquoi peut-on en avoir besoin ? Lorsqu’on en place un sur le terrain, il est indispensable qu’on (entraîneur comme gardien de but ou joueur) sache à quoi, précisément, il va nous servir. Un plot a un rôle ; il n’est pas décoratif. Et placer le plot au bon endroit peut être très complexe..

Voici donc présentées ci-dessous 3 utilisations possibles des plots. Nous les avons distinguées selon les ressources qui peuvent être spécifiquement travaillées.

1) Ressources physiologiques :

Consigne

« Au signal, tu vas toucher le plot. Quand tu le touches, le tireur lance le ballon à l’opposé du plot. Tu dois arrêter ce ballon. »

On cherche à

Créer une crise de temps pour développer/renforcer des capacités physiques.

Etant en léger retard sur le tireur, le gardien va devoir se déplacer plus rapidement, en sollicitant davantage les muscles de ses membres inférieurs. De fait, un travail implicite ciblant les capacités de vitesse et de puissance est effectué.

Point positif

Les plus jeunes gardiens de but sont souvent mal placés par rapport au porteur de balle. Ils ont souvent besoin de beaucoup pousser sur leurs jambes pour atteindre le ballon (parade de type Superman). Cet exercice permet de développer la puissance des membres inférieurs et donc de faciliter les parades d’un gardien mal placé ou en retard sur la trajectoire.

Critique possible

Ce travail ne suffit pas à lui seul, il est indispensable de mener un travail spécifique au placement pour économiser les gestes et ressources physiologiques. Un travail de prise d’information est donc à coupler avec ce travail physique.

2) Ressources biomécaniques

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Consigne

« Pose ton pied gauche juste à côté des plots, un petit peu devant eux. Tu dois ramener ton pied droit près de ton pied gauche (enjamber l’obstacle). »

Cet exercice peut être fait avec 2 grands plots mis côte-à-côte, ou bien avec une chaise, ou, idéalement, avec une haie.

On cherche à

Faire apparaître un comportement particulier pour qu’il devienne familier.

Ici, on travaille particulièrement l’ouverture de la hanche, très mobilisée pour les tirs en bas mais surtout à mi-hauteur.

Point positif

Si la hauteur des plots est optimale, le gardien n’a qu’une seule solution motrice pour les franchir (enjambement par ouverture/rotation de la hanche).

Critique possible

Les 2 plots sont un obstacle/repère qui n’est pas présent en situation de jeu réelle ; le comportement travaillé ne se manifestera donc pas en situation de jeu réel. Pour y parvenir, il est nécessaire de faire évoluer cette situation en intégrant progressivement des ballons et en supprimant progressivement les plots.

3) Ressources informationnelles

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Consigne

« Il faut que tu fasses ta parade devant la ligne matérialisée par ces deux plots. Regarde où tu te situes après chaque tir. »

On cherche à

Créer des repères qui permettront au gardien de but de s’auto-évaluer dans une situation d’apprentissage au placement en profondeur pendant le duel.

Le gardien de but sait qu’il est bien placé si, après le tir, il voit qu’il est devant la ligne matérialisée par les deux plots. A l’inverse il sait qu’il n’est pas bien placé s’il est derrière cette ligne.

Point positif

Le gardien de but possède des repères d’évaluation donc il peut travailler en autonomie pendant cet apprentissage.

Critique possible

Le repère laisse place à une analyse manichéenne : soit c’est « bon » (devant la ligne) soit c’est « mauvais » (derrière la ligne). Si on considère d’autres variables telles que la facilité d’accès au tir, la puissance de tir, ou encore la taille du gardien de but par exemple, le placement idéal peut être situé plus bas que là où la ligne est matérialisée par les plots.

Bien évidemment, les exemples proposés pour illustrer les propos ne sont pas les seuls exercices possibles ; il s’agit simplement d’une façon parmi tant d’autres d’exploiter l’idée avancée.

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